Troquer le charbon pour la biomasse, la mauvaise idée du gouvernement

, par  Association ARPENT , popularité : 3%

Le gouvernement s’est engagé à ce que plus aucune centrale à charbon ne fonctionne en France d’ici à 2022. Or, expliquent les auteurs de cette tribune, la tentation est forte de choisir la voie de la biomasse, une décision aux conséquences catastrophiques pour le climat et les forêts.

En 2022, le gouvernement s’est engagé à arrêter l’utilisation de charbon en France. Mais que faire des dernières centrales à charbon en fonctionnement : faut-il les fermer ou les reconvertir en centrales à biomasse ?

Pour se faire une idée de ce qui est en jeu, il suffit de regarder ce qu’il s’est passé de l’autre côté de la Manche : dans le sud de l’Angleterre, la conversion de la centrale à charbon de Drax en centrale à biomasse est révélatrice des problèmes que pose ce type de projet. Son approvisionnement nécessite chaque année 13 millions de tonnes de bois soit, à elle seule, 120 % de la production totale de bois du Royaume-Uni. En quelques années, le Royaume-Uni a ainsi massivement augmenté ses importations de bois, notamment en provenance des États-Unis, alimentant une très forte destruction des forêts naturelles de la côte Est.

Dans le Sud de la France, c’est la reconversion de la centrale à charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône), annoncée en 2011, qui inquiète. Ce projet, vivement contesté, connaît des difficultés mais plutôt que de tirer des leçons de cet échec, le gouvernement laisse la porte ouverte à la conversion d’autres centrales à charbon. Et en particulier, les deux dernières centrales exploitées par EDF, l’une à Cordemais (en Loire-Atlantique, près de Nantes) et l’autre au Havre (Seine-Maritime). Les fiefs respectifs de François de Rugy et d’Édouard Philippe. Alors que Nicolas Hulot s’était montré très ferme sur le sujet en déclarant à l’Assemblée nationale qu’une reconversion en centrale à biomasse n’était pas une option [1] car cela entraînerait une « déforestation massive », sa démission a redonné de l’espoir aux partisans d’une reconversion.

Voir en ligne : l’article complet