L’arbre qui gâche la forêt

, par  Association ARPENT , popularité : 19%

Plus les arbres deviennent l’objet de best-sellers émerveillés, plus les forêts se portent mal. Quoi ? Elles gagnent du terrain. La France n’a jamais été aussi boisée ? Les forêts couvrent pas moins de 31 % du territoire français métropolitain ? Certes, mais il s’agit de forêts industrialisées : 51 % sont constituées d’une seule essence, 16 % de deux essences. Prononcé voilà un demi-siècle, le mot d’ordre d’un directeur de l’Office national des forêts (ONF) a été suivi à la lettre : « Il faut à tous les niveaux créer une obsession de la productivité.« 

Et ça marche. La forêt est devenue un capital très prisé des banques comme la Caisse d’épargne et des assureurs comme Axa. Après la Bourse et l’immobilier, c’est leur troisième portefeuille. Cette richesse est concentrée en quelques mains : 3 des propriétaires en possèdent la moitié. « La forêt est une entreprise », clame Henri de Cerval, patron de la mégastructure Alliance Forêt Bois. Elle se doit donc d’être moderne à l’image de l’agro-industrie.
Glyphosate, pesticides, néonicotinoïdes, désormais tout est bon pour nettoyer les allées de pins, dégager des parcelles, chasser l’hylobe (un charançon dévoreur de résineux qui se multiplie dans les monocultures), etc. Ajoutez-y les engrais phosphatés pour accélérer la croissance du pin Douglas, cet arbre qui gâche la forêt et que l’on plante partout car il réussit à pousser trois fois plus vite qu’un chêne, et faites passer les machines ! Le bois, coupé à 35 ans, donc trop jeune, est de qualité médiocre ? Pas grave : il faut produire toujours plu et plus vite.

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