Le mélange d’essences favorise la productivité des peuplements

, par  Association ARPENT , popularité : 36%

Au cours des dernières décennies, beaucoup de forêts monospécifiques ont été converties en forêts mélangées en Europe. Les raisons principales de cette conversion sont liées à la recherche de productivité, y compris la production de bois, mais aussi de favoriser d’autres services écosystémiques, comme la conservation de la biodiversité et d’autres bienfaits rendus par la nature. Les résultats de plusieurs études menées aux Pays-Bas sur des forêts mélangées et des forêts monospécifiques ont été synthétisés et mis en relation. Les mécanismes permettant d’expliquer des différences de productivité ont été explorés, en relation avec la combinaison des espèces, l’âge du peuplement et la fertilité du sol.

La production supplémentaire liée au mélange d’espèces peut être expliquée par une meilleure utilisation des ressources.

Premièrement, au niveau aérien, le mélange entre espèces tolérantes à l’ombrage et espèces plus exigeantes en lumière permet aux houppiers de mieux occuper l’espace et par conséquent, de mieux utiliser la lumière. De plus, des phénologies différentes ou encore la plasticité des houppiers favorisent l’utilisation plus efficace de la lumière.
Deuxièmement, sous la surface du sol : la distribution des racines est un mécanisme important pour améliorer la productivité. De plus en plus d’études montrent que la production de racines fines est plus importante dans les forêts mélangées. Ceci entraîne une meilleure prospection du sol et donc une meilleure utilisation de la ressource en nutriments mais aussi en eau.

En tout, 5 mélanges ont été étudiés ainsi que leur équivalent en monoculture sur base de dispositifs de suivi à long terme. Les données issues de ces dispositifs ont été utilisées pour comprendre les effets à l’échelle du peuplement entier, mais aussi de l’espèce et même de l’arbre.

Dans l’ensemble, cette étude suggère qu’il existe un gain potentiel de productivité significatif lié au mélange d’espèces. Ceci implique de développer des stratégies de gestion forestière pour convertir les forêts monospécifiques en forêts mélangées afin de profiter de la complémentarité des essences dans l’acquisition des ressources.

Lu H., Mohren G. M. J., Del Rio M., Schelhaas M.-J., Bouwman M., Sterck F. J. (2018). Species Mixing Effects on Forest Productivity : A Case Study at Stand-, Species- and Tree-Level in the Netherlands. Forests 9 (11). DOI : 10.3390/f9110713.

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