Les forêts tropicales sont-elles toujours des puits de carbone ?

, par  Association ARPENT , popularité : 53%

De nouvelles analyses inédites sur la capacité des forêts tropicales à stocker du carbone montrent que celles-ci, malmenées par la déforestation et le climat, ne ne sont plus des puits de carbone et pourraient même bientôt devenir des émetteurs de carbone, augmentant encore la réchauffement climatique planétaire.

Des chercheurs de l’Inra, du CEA, du CNRS et du CNES en collaboration avec l’Université de Copenhague, de Nanjing, et de nombreux instituts de recherche internationaux sont parvenus à quantifier - au cours de la période 2010-2017 - l’évolution des stocks de carbone dans la biomasse végétale aérienne au niveau de la zone tropicale (Amérique, Afrique, Asie).

Résultat majeur et inédit : sur la période étudiée, la séquestration de carbone de la biomasse aérienne dans les régions tropicales est maintenant compensée par les pertes liées à la déforestation ou au dépérissement liés à l’impact du climat (notamment du fait d’épisodes El Niño).
Autrement dit, ces régions tropicales, autrefois puits de carbone deviennent globalement neutres et pourraient même devenir une source de carbone atmosphérique dans un proche avenir, accélérant ainsi le réchauffement global.

Comment les stocks de carbone changent-ils dans la biomasse de la végétation à l’échelle de la planète ? Quels facteurs expliquent ces changements ? Ce sont des questions centrales pour les sciences du climat et pour l’application des accords internationaux pour le climat.

Les travaux publiés fin juillet 2019 montrent la forte corrélation entre les variations des stocks de carbone de la biomasse aérienne et les variations de la concentration atmosphérique en CO2 de l’atmosphère, confirmant le rôle central de la biomasse végétale des écosystèmes tropicaux dans le cycle du carbone à l’échelle planétaire.

Le résultat majeur à retenir est la quasi-neutralité des forêts des tropiques dans le bilan de carbone, compte tenu de la déforestation, documentée pour la première fois avec des données d’observations directes et quantitatives de la biomasse aérienne.

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