Morvan : la résistance contre les coupes rases s’intensifie

, par  Association ARPENT , popularité : 54%

En Bourgogne, la révision de la charte du parc naturel régional du Morvan cristallise les tensions autour des coupes rases. Mais au-delà du débat local, ce qui est en jeu, c’est la possibilité pour les citoyens et les élus locaux de s’exprimer sur les choix de gestion forestière, y compris en forêt privée.

Naturellement, les forêts morvandelles sont constituées de peuplements feuillus, à dominante de hêtre et de chêne. Depuis les années 1950, les paysages se transforment avec le développement des plantations de pin douglas, un arbre très apprécié pour ses qualités de bois d’oeuvre. Problème : ses plantations remplacent les forêts de feuillus existantes et sont exploitées en coupe rase. En quelques décennies, le Morvan est devenu le premier territoire producteur de douglas, avec une très forte proportion de parcelles privées (environ 85%). L’amplitude du taux d’enrésinement entre les communes est très important (2 à 85% de la surface boisée communale).

Créé en 1970, le parc naturel régional du Morvan ne parvient pas à freiner cette dynamique d’enrésinement comme l’explique son président Sylvain Mathieu « On en est à la quatrième charte forestière de territoire et on n’arrive toujours pas à réguler les coupes à blanc”. Au contraire, le phénomène semble s’accélérer comme le constate le document préalable à l’élaboration de la nouvelle charte “Les peuplements résineux assurent aujourd’hui l’essentiel des produits issus de l’exploitation forestière du Morvan, avec un système de production de Douglas majoritairement fondé sur la futaie régulière avec coupe-rase à quarante-cinq ans, puis une replantation à l’identique pour un nouveau cycle de production.” Compte tenu des volumes sur pied “(…)la récolte pourrait augmenter très significativement dans les dix à quinze prochaines années(+ 250 000 m3/an) à l’échelle bourguignonne pour les bois d’œuvre résineux, sans parler des bois d’industrie et énergie avec toutes les conséquences d’une exploitation intensive par coupes”.

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