REDD+ : un dispositif fondamentalement vicié

, par  Association ARPENT , popularité : 29%

Le mécanisme REDD+ s’est avéré un grave échec pour le climat, les forêts et les populations forestières, mais un grand nombre d’organismes internationaux et de gouvernements continuent à le soutenir. Cet article examine son incapacité persistante à mettre fin à la déforestation et aux défauts fondamentaux des principales initiatives REDD+ internationales.

Il est devenu difficile de se faire une idée précise de ce qui se passe réellement avec REDD+, la principale politique internationale sur les forêts. Elle s’est déjà avérée un grave échec pour le climat, les forêts et les populations forestières (1), mais un grand nombre d’organismes de financement internationaux et de gouvernements continuent à soutenir et promouvoir REDD+. Le prochain cycle de négociations sur le climat de l’ONU, en novembre 2019, débattra à nouveau de REDD+. Cet article examine l’incapacité persistante de REDD+ à mettre fin à la déforestation et aux défauts fondamentaux des principales initiatives REDD+ internationales.

La Banque mondiale et REDD+ : favoriser la poursuite de la déforestation

Examinons d’abord le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF) de la Banque mondiale, lancé en décembre 2007 en guise d’initiative pilote visant à « relancer » le marché du carbone de REDD+. (2)

Près de douze ans après son lancement, une constante peut-être prévisible est rapidement apparue : les grandes annonces sur les « garanties » en matière sociale et environnementale, les « plans de partage des avantages » ou les processus « participatifs » ont été tôt ou tard suivies d’un affaiblissement de ces règles et promesses. Cependant, ces annonces ont permis à ce Mécanisme de se donner une image de « pionnier » et de satisfaire les demandes des donateurs tout en veillant à ce que suffisamment de programmes REDD+ nationaux aillent de l’avant, même s’ils ne répondaient pas aux critères requis pour progresser de cette façon. (3) Résultat : 19 pays ont été admis dans le Fonds carbone, la phase finale du mécanisme, qui permet aux pays participants de recevoir des paiements sur la base des « résultats » obtenus pour éviter la déforestation. En un mot, cela signifie que, dans le cadre des paiements « basés sur les résultats », le gouvernement qui reçoit l’argent peut compter les émissions prétendument évitées dans le système national de comptabilisation du carbone de son propre pays. Si le paiement a été fait pour des crédits REDD+ qui peuvent être vendus par le Fonds carbone ou que ses membres pour faire valoir que leurs émissions ne portent pas atteinte au climat, le gouvernement recevant cet argent ne pourra pas revendiquer les réductions d’émissions de REDD+ pour son propre système national de comptabilisation du carbone, car le Fonds carbone aura déjà fait valoir ses droits sur ces réductions.

Avant que les paiements puissent être effectués, la Banque mondiale doit signer un contrat avec le pays du Sud participant. Jusqu’à présent, la Banque mondiale en a signé trois : avec les gouvernements de la République démocratique du Congo (RDC), du Mozambique et du Ghana. Aux termes de ces contrats (dénommés « accords d’achat pour la réduction des émissions » – ERPA), la Banque mondiale versera 5 USD pour chaque tonne de dioxyde de carbone pour laquelle le gouvernement pourra prouver que son émission a été évitée en maintenant la déforestation dans le pays en deçà d’une limite convenue.

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