Du mauvais bois à la mauvaise foi... ou comment passer pour un rigolo...

, par  Association ARPENT , popularité : 41%

Si ce n’était pas si grave, on pourrait en rire. Pour répondre à nos inquiétudes, Maurice Pianon avance des arguments dont la légèreté et le manque de sérieux sont inquiétants de la part d’un élu.

A propos du manque de transparence et de l’absence de dialogue, il affirme : "Il y a eu des réunions publiques, des comptes-rendus de conseils communautaires. Tout est dedans."
A notre connaissance, il n’y a eu qu’une seule réunion publique, celle organisée par l’association ARPENT en octobre 2011 et à laquelle Maurice Pianon assistait. Quand et où ont eu lieu les autres ? Encore une question qui n’obtiendra certainement jamais de réponse... Par contre vous trouverez ci-après tous les extraits des comptes-rendus des conseils communautaires abordant la question de la centrale biomasse entre 2009 et janvier 2014. En effet, depuis janvier 2014, l’ancien site internet de la communauté de communes n’est plus mis à jour et le nouveau est toujours en chantier...
Par ailleurs, l’Yonne Républicaine, dans son édition du 20 mars 2014, relate la réunion du conseil communautaire du 18 mars dans ces termes :
"Actipôle. La zone d’activités Actipôle présente un déficit de plus de 250.000 euros. « Cet investissement pour l’avenir devrait être largement remboursé après l’installation d’entreprises, tant au niveau du foncier et des retombées économiques », a assuré Pascal Lenoir, vice-président en charge des finances. D’ailleurs, le terrain pourrait ne plus être vide. « Le projet biomasse avance et pourrait aboutir rapidement », a annoncé Éric Coquille. Le vice-président en charge du développement économique s’est déclaré très optimiste pour l’avenir économique du Tonnerrois. « Je vous demande simplement de faire confiance aux élus qui travaillent sur ces sujets qui ont besoin de la plus grande discrétion. »"

Sur la question de la quantité de bois nécessaire, il déclare : " Il est hors de question de déboiser la forêt tonnerroise, seuls les mauvais bois seront utilisés." Qu’est-ce qu’un mauvais bois ? Du bois mort ? Des broussailles ? Allons, soyons réalistes, la centrale va nécessiter 60 000 tonnes de bois par an (document annexe à la réunion du conseil communautaire du 28 juin 2010), c’est à dire 100 à 120 000 stères. Qui peut oser affirmer que ce ne sera que du "mauvais bois" ?

Sur la question du refroidissement de la centrale, en dehors des périodes d’utilisation de la chaleur par les serres, Maurice Pianon affirme : "le projet prévoit des réserves d’eau de pluie". En été, il faudra évacuer l’équivalent de 10 Mw de chaleur et, pour cela, il faudra environ 700 m3 d’eau par jour. Alors, si on connaît des périodes sans pluie de 30 jours (ce qui n’est pas rare), il faut prévoir une réserve d’eau de pluie d’au moins 21 000 m3. C’est à peu près la quantité d’eau de pluie récupérable sur 10ha de serres durant les mois de juin à septembre. Sur ces 21 000 m3, environ 7000 seront évaporés, mais qu’en sera-t-il des 14 000 m3 d’eau chaude restants ? Où iront-ils ?

Enfin, sur la question des emplois, nos promenades régulières dans les bois de la région nous montrent une mécanisation grandissante (donc peu de main d’œuvre) et, quand l’exploitation est faite à la tronçonneuse, les ouvriers sont de nationalité polonaise ou, comme en ce moment dans les parcelles des bois de la ville le long de la sommière ferrée, des Roumains (voir photo ci-après). C’est la loi du marché...

Voir en ligne : L’article de l’Yonne républicaine du 23 octobre 2015