La croissance économique consumera l’Amazonie jusqu’au dernier arbre

, par  Association ARPENT , popularité : 34%

Bien que l’année 2019 ait été celle d’une prise de conscience mondiale de la destruction de l’Amazonie, cette dernière continue pourtant à s’approcher dangereusement de son point de bascule. C’est là le constat alarmant de chercheurs qui tirent une énième sonnette d’alarme quant à la surexploitation de cette région dans un seul et unique but de profit. L’impact anthropique menace de transformer de grandes parties cette forêt tropicale – le plus grand réservoir de biodiversité au monde – en savane. Pire encore, pour satisfaire ce système productiviste, la déforestation de l’Amazonie brésilienne a presque doublé entre 2018 et 2019.

Rien d’étonnant sachant que les rouages du système économique, basé sur la croissance, n’ont pas changé. Les défenseurs de la forêt autochtones sont quant à eux intimidés et brutalisés, allant parfois même jusqu’à l’assassinat. L’ONG Humans Right Watch dénonce aujourd’hui l’impact catastrophique de la présidence de Jair Bolsonaro, tant sur l’environnement que sur ceux qui l’habitent ou tentent de le protéger. Et malheureusement, il n’est pas le seul à alimenter obstinément ce délire collectif de croissance infinie dans un monde aux ressources pourtant limitées.

Dans un éditorial publié le 20 décembre 2019, intitulé « Amazon tipping point : Last chance for action » (Le point de bascule de l’Amazonie : dernière chance pour agir), deux scientifiques appellent les citoyens et les dirigeants politiques à prendre conscience de l’urgence de la crise de la forêt amazonienne et à agir au plus vite afin de limiter les dégâts au possible. Selon ces experts, « la précieuse Amazonie vacille au bord de la destruction fonctionnelle et, avec elle, nous aussi. » La destruction de l’une des trois plus importantes forêts primaires au monde en faveur de l’expansion agricole a en effet gravement perturbé le cycle hydrologique de celle-ci, à tel point qu’elle se trouve aujourd’hui sous la menace de changements écosystémiques irréversibles : une épée de Damoclès dans les mains de l’Homme capitaliste qui poursuit inlassablement et de manière déhontée sa perpétuelle quête de profit et d’accumulation de richesses illusoires.

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