Coupes rases et déboisement massif en Roumanie

, par  Association ARPENT , popularité : 33%

Extraits :
Coupes rases et déboisement massif

Selon certaines sources de l’Office National des Forêts roumain, 80% des forêts administrées par des privés ont été abattues ou ont été exploitées bien au-delà des limites prévues par la loi. Il en va ainsi d’un certain Mihai Pascovici qui, aidé d’ouvriers, a coupé en une seule nuit les 30 ha de forêts qu’il venait de récupérer.

En mars 2011, le Conseil local d’Oradea a approuvé à l’unanimité un projet présenté pour la première fois en début de séance par l’un des maires adjoints. Par un contrat, dont les clauses étaient confidentielles, la ville s’associait à une compagnie non nommée, qui devait ouvrir une centrale à biomasse d’une capacité de 10 mégawatts d’énergie électrique et thermique. L’investissement s’élevait à 15 millions d’euros. Le mémorandum était rédigé à la hâte, dans un roumain et un anglais bourrés de fautes, pleins d’arguments populistes qui présentaient le projet comme un pas vers une ville plus verte et indépendante sur le plan énergétique. Des personnes qui connaissaient mieux le projet m’ont informé que cette centrale à biomasse était censée utiliser du bois provenant des forêts qui entouraient la ville d’Oradea. J’ai entrepris alors de faire pression sur le maire en lui expliquant que ce projet, nuisible pour la ville, allait annuler l’effet positif de toutes ses autres réalisations. Avec une biologiste reconnue, Anna Marossy, nous avons lancé une pétition pour bloquer le projet. Nous avons récolté presque 700 signatures et avons déclenché un grand scandale médiatique, de sorte que le maire a organisé un débat public sur ce sujet.
A ce débat ont participé également les représentants de la compagnie autrichienne RES. Je leur ai demandé quel combustible ils comptaient utiliser. Leur réponse était : les brindilles et le bois mort des forêts, « des quantités suffisantes pour 3 à 5 ans ». Or il est évident qu’aucune compagnie n’investirait 15 millions d’euros dans une centrale dont la durée de vie ne serait que de 3 à 5 ans. Je leur ai demandé encore comment ils comptent s’assurer que le bois qu’ils utilisent ne provient pas de forêts vivantes et comment ils veulent éviter le déboisement. Ils ont répondu qu’ils achèteraient le bois d’une compagnie intermédiaire qui s’occuperait de ces problèmes et que cela ne les regardait pas, qu’il faudrait m’adresser à cette compagnie. Or cette compagnie n’existait pas encore !

Ca ne vous rappelle rien ? Mais ne perdons pas espoir :

Suite à ce débat public et suite à la pétition, le projet a été tacitement abandonné. Il se peut que la compagnie autrichienne se soit retirée après s’être rendu compte de l’hostilité de l’opinion publique.

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