Quand l’Europe privilégie des bioénergies climato-incompatibles

, par  Association ARPENT , popularité : 49%

Les ONG européennes Bird-life et T&E révèlent aujourd’hui de nouvelles preuves à charge à propos de l’impact sur le climat de la politique européenne en ce qui concerne les énergies issues de la biomasse (ou bioénergies).

Les ONG européennes Bird-life et T&E révèlent aujourd’hui de nouvelles preuves à charge à propos de l’impact sur le climat de la politique européenne en ce qui concerne les énergies issues de la biomasse (ou bioénergies). Fondé sur une synthèse scientifique et des investigations concernant des projets à travers toute l’Europe, elles publient le Livre Noir des Bioénergies. Cette publication présente de nombreuses études de cas qui illustrent parfaitement le revers de la médaille des bonnes intentions de la politique énergétique européenne.

Des bioénergies, destructrices de notre environnement

Les bioénergies représentent 65% des énergies renouvelables en Europe. Les énergies issues de la biomasse peuvent être bien utilisées et dans des volumes raisonnables qui impactent peu la biodiversité, l’eau ou encore le climat. Malheureusement, il ne faut pas se laisser bercer par l’idée simpliste que les bioénergies sont durables quelles qu’elles soient. Certaines ne sont pas le rêve vert que nous espérons et aggravent parfois plus le dérèglement climatique que les énergies fossiles, sans parler de leurs conséquences sur l’environnement et la biodiversité.

De nombreux cas illustrent ce constat à travers l’Europe. En Slovaquie, en Finlande et en Italie, des entreprises brûlent des arbres directement prélevés dans des forêts protégées. En Allemagne, les terres agricoles sont détournées de leur usage alimentaire pour faire pousser du maïs destiné à alimenter des méthaniseurs. Dans toute l’Europe, en France à Marseille avec la raffinerie la « Méde » de Total, l’huile de palme est massivement importée d’Asie du sud-est pour faire des agrocarburants sans prendre en compte les dégâts occasionnés par cette culture. Dans les Canaries et en France, à Gardanne, les centrales à biomasse construites grâce aux subventions sont devant un choix cornélien : importer massivement du bois ou risquer d’exploiter les forêts locales au-delà de leurs capacités.

L’Europe doit changer de cap

Pour Camille Dorioz, chargé de mission agriculture, « Le Livre Noir des bioénergies apporte des preuves supplémentaires d’un usage dérégulé de l’énergie biomasse (arbres entiers, cultures alimentaires pour la production d’énergie...). L’Europe, par ses subventions, soutient directement une destruction massive de l’environnement, sur son propre territoire, mais aussi en Asie du sud-est et en Amérique du Nord. »

Pour Denez l’Hostis, président de FNE : « L’Europe doit revoir sa politique énergétique. Celle-ci doit se fonder sur la disponibilité réelle de la ressource et sur des critères de durabilité clairs. Nous demandons un engagement de la Commission européenne afin de promouvoir ardemment la réduction de la consommation d’énergie, de favoriser les énergies renouvelables vraiment durables et d’arrêter l’usage des agro-carburants de première génération d’ici 2030 »
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