Le changement climatique menace la symbiose vitale entre les arbres et les champignons

, par  Association ARPENT , popularité : 37%

Les racines des arbres vivent en symbiose avec un réseau complexe de champignons et de bactérie. Un groupe de chercheurs vient de publier la première cartographie mondiale de ce réseau indispensable à la vie des arbres mais mis en danger par le changement climatique.

Sous chaque forêt se trouve un réseau souterrain complexe de racines, de champignons et de bactéries qui relient les plantes. Cet internet souterrain, vieux de près de 500 millions d’années, est connu sous le nom de « wood wide web ». Essentielles à la communication des végétaux entre eux, ces interconnexions microbiennes sont surtout vitales pour les arbres. « Sans ces symbioses, les arbres ne peuvent pas bien se nourrir, explique Bruno Hérault, écologue au Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad). Car les champignons et les bactéries présentes sous terre permettent à l’arbre d’accéder à une plus grande réserve d’éléments minéraux et d’eau. »

La majorité des symbioses impliquent des champignons, mais attention ! ceux que l’on cueille ne représentent que la partie émergée, la « fructification », où se déroule la reproduction sexuée. La partie immergée est constituée de fins filaments, capables d’explorer un très grand volume de sol… et de se lier aux arbres. C’est ce qu’on appelle des mycorhizes. « Il existe des ectomycorhizes, quand un mycélium de champignons va entourer les racines, et des endomycorhizes, quand la symbiose se fait à l’intérieur même des racines », précise M. Hérault.

Bien que l’existence de ce « wood wide web » soit établie de longue date, « on connaît mieux la surface de Mars que ce qu’il y a sous nos pieds », note le chercheur. C’est dire l’importance de la « cartographie mondiale des symbioses microbiennes des arbres », publiée en « une » de la revue Nature le 16 mai par l’Initiative pour la biodiversité des forêts mondiales (Global Forest Biodiversity Initiative, GFBI).

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