Crise climatique : laissons les forêts s’adapter, arrêtons de planter des essences exotiques

, par  Association ARPENT , popularité : 12%

« Ne mésestimons pas la capacité des forêts à s’adapter », assure l’auteur de cette tribune. Plutôt que de se lancer dans des expérimentations à grande échelle d’introduction d’essences exotiques, souvent en monoculture, mieux vaut privilégier les forêts naturelles provenant de peuplements diversifiés.

Philippe Falbet est chargé de missions à l’Observatoire des forêts des Pyrénées centrales. Il est représentant de France nature environnement Midi-Pyrénées à la Commission régionale forêt-bois d’Occitanie, auteur du site Vieilles forêts et membre fondateur du fonds de dotation Forêts préservées.

Tous les scénarios du Giec prévoient une augmentation des concentrations de CO2, accompagnée d’une élévation radicale de la température moyenne au cours du XXIe siècle. Par voie de conséquence, nombre de rapports scientifiques laissent supposer des changements radicaux dans la répartition des essences forestières et la « méditerranéisation » des boisements dans la partie sud de notre pays.

Les orientations de politique forestière publique et la filière bois proposent d’une seule voix « des solutions gagnant-gagnant » : « plantons des essences exogènes qui résistent à la sécheresse comme les sapins méditerranéens » ; « plantons des sapins de Douglas dont la vitesse de croissance séquestre plus rapidement le carbone » ; « dynamisons la gestion forestière pour piéger les gaz à effet de serre et augmenter ainsi les cadences des plantations ».

Ces recettes prêtes à l’emploi reposent en réalité sur des logiques industrielles et relèvent parfois de l’opportunisme financier. Les plantations en monoculture et la sylviculture intensive sont largement subventionnées, même si elles passent mal auprès des écologues forestiers et se heurtent à la manière dont fonctionne la nature.

Voir en ligne : lire l’article