L’hiver est mort et nous regardons ailleurs

, par  Association ARPENT , popularité : 1%

Les températures hivernales ont fortement augmenté au cours des dernières décennies, bouleversant nos repères climato-météorologiques. Alors que les manifestations normales de l’hiver sont souvent perçues comme exceptionnelles, la douceur est à l’inverse banalisée dans les médias.


En février 1929, des hommes cassaient la glace sur la Seine à Paris. - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

« Bonjour la caillante extrême », écrivait le 19 novembre 2021 l’édition toulousaine du magazine Le Bonbon au sujet de l’arrivée d’une masse d’air froid sur l’Hexagone. « Préparez-vous à être frigorifiés », poursuivait-elle en évoquant des températures oscillant autour de 7 °C. Comme chaque année, l’arrivée des premiers frimas en novembre a donné lieu à de nombreux superlatifs, relevait sur Twitter le prévisionniste Florentin Cayrouse. « Une vague de froid va s’abattre sur la France », alertait le site Aufeminin, tandis que La Dépêche et CNews faisaient état d’un « froid polaire » doublé d’un « vent glacial ». À la lecture de ces titres, on pourrait penser que la France s’est brièvement transformé en succursale du pôle Nord. Les conditions météorologiques évoquées étaient pourtant « loin d’être exceptionnelles » pour la période, selon Météo France. Aurions-nous donc oublié ce à quoi ressemble l’hiver ?

Selon Florentin Cayrouse, la tendance qu’ont certains médias à présenter des températures relativement normales pour l’hiver comme exceptionnelles pourrait s’expliquer par notre amnésie environnementale. En raison du réchauffement climatique, les épisodes de froid sont de moins en moins fréquents, explique-t-il à Reporterre. Résultat : « Le ressenti des gens a complètement changé. À force, on a perdu les normalités. »

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