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Énergie de demain : la face cachée de la méthanisation

mercredi 26 juillet 2023, par Association ARPENT

Si le principe de la méthanisation séduit sur le papier, il ne reste pas sans dangers. Entre accaparement des terres, pollution des sols et des eaux, incidents explosifs et promotion de l’agro-industrie, le portrait sans langue de bois de cette technique de production de biogaz semble bien éloigné de celui que dressent aujourd’hui les pouvoirs publics. Analyse d’une controverse où se mêlent transition énergétique, souveraineté alimentaire et luttes locales.

À première vue, qui ne se réjouirait pas d’une technique qui permet, en plus de produire de l’énergie renouvelable et circulaire, de réduire l’empreinte carbone des élevages et cultures en valorisant le lisier et en produisant un substrat organique extrêmement riche ? La méthanisation, qui promet ainsi de s’inscrire autant comme un acteur central de la transition énergétique que du développement d’une agriculture durable, semble pallier (presque) tous les maux des sociétés occidentales du XXIe siècle.

Une expansion à grande échelle

Et pour cause, l’Europe se montre particulièrement séduite par le processus, puisqu’elle compte, d’après les statistiques 2019 de l’Europe Biogas Association (EBA), plus de 18 200 installations de méthanisation sur son territoire, représentant une puissance électrique d’environ 11 000 MW et une production de 63 000 GWh de biogaz. Elle se place ainsi en leader sur le marché mondial, loin devant les états-Unis et la Chine. En nombre absolu d’installations, l’Allemagne, qui comptait environ 11 000 installations en 2019, arrive largement en tête, suivie de loin par l’Italie (plus de 1600 unités), de la France (837 unités), du Royaume-Uni (715 unités) et de la Suisse (634 unités).
Utilisée depuis une cinquantaine d’années à une échelle industrielle, la méthanisation a d’abord servie à « dépolluer les effluents d’élevage, les boues de station d’épuration urbaines ou encore la fraction organique des effluents d’industries alimentaires », explique l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).

Une accélération majeure ces vingt dernières années

Depuis environ vingt ans, le biogaz fourni par la méthanisation est une des voies largement plébiscitées par les pouvoirs publics. À coup de millions versés par le secteur de l’énergie désireux de verdir sa production et des subsides conséquents de l’État, le parc de méthaniseurs français a largement évolué, passant de 73 unités en 2010, à 532 en 2019 selon les chiffres de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Fin 2021, il existait finalement 1175 unités de méthanisation en France, « dont environ 70% sont dites “agricoles” (les autres sont les unités traitant les déchets ménagers, les eaux usées des stations d’épuration et quelques unités dites “centralisées” traitant différentes matières telles que les biodéchets issus de la restauration ou encore des co-produits de l’industrie agroalimentaire) », détaille l’INRAE.

Selon plusieurs scénarios, l’expansion de la méthanisation devrait continuer en France, pour atteindre son apogée en 2050 selon l’Ademe, contribuant alors à 17 % du mix gazier (réseau de gaz naturel), 3 % du mix de production électrique et 3 % du mix de production de chaleur.


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