Le grand retour du sabotage

, par  Association ARPENT , popularité : 3%

À la croisée des chemins, le mouvement écologiste s’interroge sur ses pratiques et renoue avec des gestes plus offensifs, comme le sabotage. Une façon de s’opposer frontalement au désastre qui vient. [Enquête 1/2]

Le temps de la protestation polie est peut-être définitivement révolu. À mesure que la catastrophe climatique se précise et devient de plus en plus palpable, le sabotage revient sur le devant de la scène. Sa pratique gagne en légitimité et se généralise au sein du mouvement écologiste.

Il suffit de voir son essor ces derniers mois, au cœur d’un été suffocant : des dizaines de greens de golf ont été bouchés au béton, des jacuzzis détruits et des SUV dégonflés dans plusieurs villes du pays. Dans le sud de la Vendée, plusieurs mégabassines — des réserves d’eau immenses — ont été débâchées. Face à l’urgence climatique, des activistes ont décidé de cibler directement les responsables du désastre et les comportements polluants des plus riches.

« On tend de plus en plus vers une écologie de la conflictualité », atteste le sociologue Manuel Cervera-Marzal. « On sort enfin de l’idée que l’écologie serait ce qui nous rassemble et que l’on serait tous sur le même bateau. L’écologie est, en réalité, ce qui nous divise. Des gens ont intérêt à lutter contre le réchauffement climatique, d’autres se font de l’argent sur la crise », souligne le chercheur, qui voit dans le développement actuel du sabotage « une forme renouvelée de désobéissance civile ». Une nouvelle manière de dire non et d’assumer la fracture dans une époque gangrenée par l’écoblanchiment où tout le monde se prétend écolo.

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